La crédence de cuisine est le plus petit élément de la cuisine en termes de surface, et souvent le plus visible. C’est elle qui capte le regard quand on entre dans une cuisine ouverte, c’est elle qui fait la différence entre une cuisine banale et une cuisine qu’on remarque. Et depuis au moins 2015, une seule crédence régnait sans partage : le carrelage métro blanc.
Permettez-moi d’être direct : le carrelage métro blanc est devenu tellement ubiquitaire qu’il ne dit plus rien sur la personnalité de la cuisine. C’est le jean bleu basique de la décoration de cuisine. Fonctionnel, pas déplaisant, mais sans caractère.
Les alternatives qui ont ma préférence #
Le zellige marocain est probablement l’alternative la plus élégante au carrelage métro. Ces carreaux artisanaux irréguliers en argile émaillée, qui jouent légèrement d’un carré à l’autre en termes de ton et de brillance, créent une surface vivante que le carrelage industriel ne peut pas imiter. Le prix est plus élevé (40 à 80€/m² contre 15 à 30€ pour du métro standard), mais le résultat visuel est incomparable. Le zellij blanc est le plus polyvalent ; les tons terreux ou vert canard sont plus statement.
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Le béton ciré en crédence (avec une protection spéciale alimentaire) offre une continuité matière avec un plan de travail béton ou une cohérence avec une cuisine industrielle. Il demande un applicateur expérimenté et un entretien rigoureux, mais le rendu est unique.
Le laiton ou l’acier inoxydable en crédence pleine, comme dans les cuisines professionnelles : radical, difficile, mais extrêmement fort dans les cuisines assumant un style industriel ou japonisant.
Les options que je déconseille #
Le miroir en crédence : certes il agrandit visuellement, mais il accumule les traces de graisses et d’éclaboussures d’une manière qui le rend décourageant à entretenir. Le papier peint résistant à la chaleur : les versions vraiment résistantes existent, mais aucune ne tient aussi longtemps qu’un carrelage ou qu’un béton ciré dans la zone de cuisson.
« La crédence est la signature de la cuisine. Elle mérite autant d’attention que le plan de travail. »
La crédence que tout le monde oublie : le prolongement du plan de travail #
Une tendance que j’adore et qu’on voit de plus en plus dans les cuisines haut de gamme : la crédence qui est simplement la même matière que le plan de travail, remontée en hauteur. En marbre, en quartz, en béton ciré – la continuité matière est architecturalement puissante et élimine le problème de la jonction entre deux matières différentes.
C’est plus cher (nécessite plus de matière, plus de main d’œuvre), mais le résultat est indiscutablement plus sophistiqué. Dans une cuisine à budget, c’est l’investissement à faire si vous n’en faites qu’un.
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